Doctor Atomic - opéra de John Adams

publié le 13/03/2013, mis à jour le 28/01/2014,
par  M.PLOQUIN

COURS

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+ Article du Cours 2013/2014


1- Le compositeur John Adams

John Adams

En fait il semble que John Adams ait "fait son miel" de beaucoup de courants musicaux du XXe siècle : le sérialisme, le jazz, le rock, la musique de film et des grandes comédies musicales, la musique minimaliste. Des grands compositeurs ont particulièrement marqué sa personnalité : R. Wagner, L. Bernstein, B. Hermann, les compositeurs américains comme G. Gerswhin, A. Copland, J. Cage, etc.

Sa musique échappe au côté élitiste car elle semble abordable à la 1ère écoute, captant l’attention par une évidente lisibilité entre la mélodie et l’orchestration. Il faut cependant noter qu’Adams ne fait pas de concession à la facilité, soignant particulièrement ses partitions d’orchestre, ce qui est l’apanage des compositeurs les plus célèbres de l’histoire de la Musique.

2- Genèse de l’opéra "Doctor Atomic"
Cet opéra est le fruit de la collaboration réitérée entre Peter Sellars pour le livret et la mise en scène, et John Adams pour la musique. Cet opéra a été créé en 2005 à l’Opéra de San Francisco.

Adams a une réputation de compositeur "engagé", tirant son inspiration d’évènements puisés dans l’actualité chaude. Ces deux opéras précédents, "Nixon en Chine" et "La Mort de Klinghoffer", ce dernier basé sur le détournement d’un bateau de croisière italien le Achille Lauro, avaient fait des vagues - notamment le dernier cité qui avaient outragé les israéliens et les palestiniens.

"Doctor Atomic", un opéra de 2h30 , est un conte sur les problèmes de conscience rencontrés par le directeur du Projet "Mahattan", le scientifique J. Robert Oppenheimer alors qu’il supervisait la fabrication de la première bombe atomique.
Adams a travaillé 5 ans à la préparation de cet opéra. Pour lui c’est une opportunité de pouvoir explorer un sujet hautement sensible, explosif. Agé de 58 ans et ayant grandi pendant la période la plus dangereuse de la Guerre Froide, ses premiers souvenirs, comme il le raconte lui-même, sont liés à des inquiétudes de l’époque sur la possibilité d’une guerre nucléaire entre les Etats-Unis et l’ex Union Soviétique. Il se souvient précisément des exercices d’alerte et d’entraînement de l’école aux abris, et de ce qu’on leur disait de faire en cas de largage d’une bombe nucléaire. L’idée de cet opéra sur ce thème, lui a été suggérée par Pamela Rosenberg directrice générale de l’Opéra de San Francisco où la première a eu lieu en septembre dernier. Il a été séduit par cette idée qui convenait parfaitement avec, à la fois ses préoccupations artistiques et ses expériences personnelles d’un vécu historique.
Le nom "Doctor Atomic" est à la fois un rappel des films de science fiction des années 40, et une référence indirecte au "Docteur Faust", l’homme qui pactisa avec le Diable pour obtenir la connaissance suprême.

Son collaborateur de longue date le directeur Peter Sellars, a écrit le livret à partir des sources originelles et à même un chœur chantant des textes de documents secrets gouvermentaux déclassifiés, des poèmes de Muriel Rukeyser, John Donne, Baudelaire, et le texte spirituel hindou de Bhagawad Gita.

Les questions et inquiétudes soulevées dans "Docteur Atomic" sont graves. Pour montrer cette gravité, le second acte qui comprend le compte à rebours jusqu’à zero qui à lui seul dure 20 minutes, dure deux fois plus de temps.

Pour Sellars, cette œuvre est un travail tres surprenant, qui interpelle, et pousse le public à bout, ce qui est pour lui l’objectif principal de l’art. Ce n’est pas une simple visite consumériste au centre commercial, mais un voyage dans un espace d’interpellation forte sur des questions sérieuses qui engagent l’avenir de l’humanité et qui ont besoin de réponses claires précises et ancrées dans la réalité.


3- Résumé
Acte I
Scène 1. Le laboratoire du Projet Manhattan, Los Alamos, Nouveau-Mexique. Juin 1945.
Les travaux sur la bombe atomique approchent de leur point culminant, dirigé par le physicien Robert J. Oppenheimer et le commandant de l’armée Général Leslie Groves. Depuis la capitulation de l’Allemagne, de nombreux scientifiques ont commencé à s’interroger sur la nécessité d’utiliser la bombe contre le Japon. Edward Teller et Robert Wilson sont particulièrement préoccupés par les implications morales et sociales et essayent de convaincre les autres de signer une pétition au président Truman. Oppenheimer les avertit. Il vient de rentrer de Washington et évoque la décision de bombarder les villes japonaises, en se concentrant sur des cibles civiles.

Scène 2. Le Oppenheimer maison à Los Alamos
Oppenheimer répond aux préoccupations de sa femme Kitty, avec des vers d’un de leurs poètes préférés, Baudelaire. Pour quelques brefs instants, ils sont transportés dans le climat du poème, comme en un état d’ébriété. Resté seul, Kitty réfléchit sur les contradictions entre la paix, la guerre et l’amour.

Scène 3. Le site "Trinity" test à Alamogordo, Nouveau-Mexique. 15 juillet 1945
C’est la nuit de l’essai de la première bombe atomique. Une énorme tempête électrique s’abat sur le site d’essai, et la bombe, partiellement armée et hissée sur une haute tour, est en danger d’être frappée par la foudre. Le météorologue en chef, Frank Hubbard, met en garde le frustré Général Groves : tenter l’épreuve dans ces conditions est extrêmement dangereux. Le capitaine Nolan du Corps médical de l’armée essaie de faire comprendre à Groves les propriétés toxiques des mortels plutonium et rayonnement, qui commencent seulement à être comprises. Comme la panique commence à se faire sentir, le général démet l’ensemble du personnel et préfère en référer avec Oppenheimer seul. Le physicien écoute gentillement Groves au sujet de ses problèmes de poids chroniques, et Groves part dormir un peu. Oppenheimer fait alors face à sa propre crise personnelle, seul dans le désert, rappelant un sonnet de John Donne qui l’a inspiré pour nommer le site d’essai "Trinity" : "Bats mon coeur, Trinité Divine."
EXTRAIT : http://www.youtube.com/embed/CNP9Ayq-6qA

Acte II
Scène 1. La maison d’ Oppenheimer
A deux cents miles du site de test, Kitty et sa servante indienne, Pasqualita, guettent dans le ciel de la nuit des signes de l’explosion. Pasqualita veille de temps en temps sur l’enfant endormi d’Oppenheimer. Kitty repense à nouveau à la guerre, la mort et la résurrection de l’esprit.

Orchestre Interlude
Pluie sur les montagnes de Sangre de Cristo. Agée de 7 mois, Katherine Oppenheimer se réveille en pleurant. Pasqualita la réconforte, lui chantant une berceuse.

Scène 2. Le site d’essai. Minuit, Juillet 16, 1945
Tout le personnel a été effacé de la zone de tir. Wilson et Jack Hubbard sont à la tour d’expérimentation, effectuant les mesures de dernière minute ordonnées par Groves. Les deux sont extrêmement inquiets de tester la bombe au milieu d’un orage électrique. Au bunker d’observation, les scientifiques discutent de la possibilité que la détonation puisse déclencher une réaction en chaîne incontrôlée se terminant par la destruction de l’atmosphère terrestre. Oppenheimer affirme qu’un tel résultat n’est pas possible. Alors qu’il pleut encore, Groves ne tient pas compte de tous les avertissements au sujet de la tempête, et Oppenheimer ordonne à tout le monde de se préparer à l’épreuve tirée à 5h30

Scènes 3 et 4
Groves est en proie à des craintes de sabotage, tandis qu’Oppenheimer est dans un état d’extrême fatigue nerveuse. Tout le monde attend, chacun absorbé dans ses propres pensées. Les hommes font des paris, en essayant de deviner l’impact de la bombe. Oppenheimer surprend tout le monde par sa prédiction pessimiste, et même Groves est incapable de dissimuler sa foi déclinante. Soudain, le ciel nocturne est rempli d’une vision terrifiante de Vishnu, comme décrit dans la Bhagavad Gita : « A la vue de cela, votre forme splendide, pleine de bouches et d’yeux ... terrible avec des crocs ... quand je te vois, Vishnu ... avec vos bouches bées et vos yeux enflammés… - toute ma paix s’en est allée. Mon âme est troublée". A zéro moins dix minutes, une fusée d’alerte est déclenché et une sirène retentit. Puis l’orage s’arrête, et le ciel au-dessus de Ground Zero s’éclaircit soudainement. Une autre roquette avertissement s’éteint, et à zéro moins 60 secondes, une troisième signal du compte à rebours final. Le Camp de base ressemble à un avant-poste de la mort : des rangées de scientifiques et de personnel de l’armée se trouvant face cachée dans les fossés peu profonds. Il n’y a pas de mouvement ou murmure de l’activité, que le compte à rebours rythmique sur le haut-parleur. À zéro moins 45 secondes, un ingénieur retourne le commutateur de la minuterie automatique. Les circuits de déclenchement commence à feu. "Zéro moins un." Il y a un silence étrange, puis une ère commence.


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