Groupement de Chansons sur le thème Musique et Bombe Atomique

publié le 29/04/2015, mis à jour le 12/12/2016,
par  M.PLOQUIN

• INTRODUCTION

Le thème est à la croisée de plusieurs disciplines Musique - Paroles (Littérature) - Histoire - Physique - Philosophie - Politique…

Du point de vue des paroles, les textes abordent le problème de la bombe sous ces 4 derniers aspects. Histoire (6-7) - Physique (1-8) - Philosophie (toutes) - Politique (1-7)
Du point de vue musique, plusieurs époques et plusieurs styles sont concernés, entre la chanson rythmée (1), la chanson française d’auteur (2), le folk anglosaxon (3), la ballade balancée (4), le Jazz Swing (8), le Rock français (5), la rock anglo-saxon (6) et un arrangement d’un thème classique (7). Le ton expressif va de la litanie des horreurs de la guerre (2-4-) au sketch "anar" et ironique (1), de la réflexion historique (6-7) à la mise en garde (5), mise en garde éventuellement drôle et effrontée (8). Les chansons sont plutôt de type "engagées" car, sous des formes diverses elles incarnent une dénonciation. Elles entendent critiquer un des aspects de l’arme absolue : son impact humain en terme de victimes et de souffrance (2), son lien avec les pouvoirs politiques centralisés (1-8), la fatalité de cette encombrante invention de mort et la soumission forcée à sa puissance.

• ETUDE DES CHANSONS

et de ses auteurs et/ou compositeurs et/ou interprètes.

Boris Vian :
- http://borisvian.org/
- http://borisvian.over-blog.com/
Paroles :
- http://fr.lyrics-copy.com/boris-vian/la-java-des-bombes-atomiques.htm

Analyse sommaire de la Java des BA :
Le personnage est caricatural et la fiction délirante. Le scientifique est dépeint dans son rôle "science sans conscience", mais on est vite rassuré car sa découverte scientifique n’est qu’une non performance. Par contre sa conscience se révèle très aboutie en ce qu’elle va au terme du projet : la destruction des chefs d’états. Le côté "Anar" - anarchiste ("ni dieu ni maître") du personnage semble forcer la sympathie des gens de son époque et par là même celle des auditeurs qui éprouvent face à ce personnage original et populaire une certaine sympathie. Il y a une stratégie de persuasion autant qu’un talent de conteur dans le contenu de cette chanson.
D’un point de vue musical, le ton n’est pas au solennel - sauf de façon ironique, avec une citation à peine cachée de la "Marseillaise", à la toute fin. La chanson est bâtie sur le rythme d’une java (danse à 3 temps - avec le 3e accentué - en vogue au début du 20e siècle dans les faubourgs parisiens). Chacun des 3 couplets est en 2 parties : Début assez sombre en mode mineur, puis fin plus brillante en mode Majeur. L’utilisation du banjo, d’un trombone, de la clarinette basse et de la flûte piccolo (et de quelques éléments de la batterie) confère un caractère un peu original à l’arrangement. Pas de passage instrumental, priorité au texte : le personnage mis en avant comme dans un sketch de théâtre.

Georges Moustaki
- http://www.creatweb.com/moustaki/
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Moustaki
Paroles :
- http://musique.ados.fr/Georges-Moustaki/Hiroshima-t28368.html

Analyse sommaire d’ "Hiroshima" : Mélodie et structure musicale très simple : facilement mémorisable. Rythme (balancement ternaire - 6/8) et harmonie (en mode mineur) très conventionnels. Ce chant apparait comme un hymne à la Paix, une sorte de prière laïque avec une énumération de raisons pacifiques qui sonne comme une litanie.

Claude Nougaro
- [http://www.nougaro.com/index.html]
- [http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude…]
- [http://fr.wikipedia.org/wiki/Il_y_a…]
Paroles :
- [http://musique.ados.fr/Claude-Nouga…]

Analyse sommaire d "Il y avait une ville" de Claude Nougaro (1959) Intro et premier REFRAIN La contrebasse (+ roulement de tom pianissimo) marque les temps comme une horloge, pesant, sur la même note, puis ses glissandi ascendants génèrent du suspens comme le ton interrogatif de la question "Que se passe-t-il ?"

Couplet 1 "Je m’souviens que j’marchais…" : Quelques instruments s’ajoutent à mesure que les souvenirs reviennent - Un contrechant lointain (orgue) apparait comme la fille que le jeune homme remarque soudain. [0’ 50"] "Je la suivais sous le joyeux soleil de Mai" on rentre dans l’action en suivant le personnage rythme plus enjoué (swing qui avance - "walking") la mélodie monte dans l’aigu à mesure qu’on entre dans l’action : suivre une belle fille sous le ciel joyeux du printemps… Et puis voici stagne et redescend comme une inquiétude qui prend le pas sur l’action précédente et en calme l’ardeur. La rythmique s’arrête comme si on se mettait à requérir le silence pour mieux écouter le bruit inquiétant (son tenu dans l’aigu, dissonnant, vibrant rapidement , en crescendo…) figuré par l’orgue… ("Ce drôle de bruit…")

Couplet 2 [1’20] "Je m’souviens que les gens…" même dispositif que couplet 1 "s’arrêtèrent de marcher" hésitant, entrecoupé, puis à nouveau le bruitage de l’orgue, comme un rayonnement radioactif ou un sifflement de bombe - inquiétant. "C’était étrange" cette fois la progression monte vers de l’inquiétude en opposition à C1 où c’était la poursuite de la jeune fille qui s’animait. L’instrumentation est différente, moins jazz, plus dramatique avec les cordes de l’orchestre. "Et brusquement" paroxysme de l’arrangement avec les effets dissonants de l’orgue en ajout à l’orchestre pour suggérer le chaos, la nuance fortissimo appuyant l’impression de vacarme violent. "Les murs se mirent à trembler…" Silence subito comme l’évocation du néant qui résulte de l’explosion. Le refrain revient insinuant qu’on est dans le même état qu’au début, il ne pourrait bien s’agir que d’un mauvais rêve, ayant la lourdeur pesante d’un cauchemar angoissant. Rêve ? ou effective menace qui plane sur l’humanité et dont tout être conscient ne peut oublier la présence…

La simple orchestration de Jimmy Walter accompagne l’interprétation possible du texte dit par le personnage incarné par le chanteur Nougaro à la diction de quasi comédien.

Stephane Sanseverino
- http://sanseverino.fr/
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Sanseverino
Paroles :
- http://www.greatsong.net/PAROLES-SANSEVERINO,LE-SWING-DU-PRESIDENT,101810270.html

Analyse sommaire du "Swing du Président" :

Le style musical est comme annoncé un jazz swing c’est à dire ternaire… En détail, on retrouve dans l’arrangement orchestral de Dominique Fillon des couleurs et des riffs (motifs mélodiques) typiques du Jazz Classique appelé Main Steam, particulièrement celui des grands orchestres (Big bands) de Duke Ellington et Count Basie. Il y a aussi dans la basse très marquée et balancée en 2 temps, un peu de Blues voir de Rock. Enfin l’accompagnement de guitare plaqué en accords de façon rythmique et accentuée est la signature du Jazz Manouche, celui inventé par Django Reinhardt dont l’héritage est souvent revendiqué par Sanseverino .

La structure de la chanson est simple avec 5 couplets basés sur une grille harmonique de blues : I (Do) : 4 mesures IV (Fa) : 4 mesures I (Do) : 4 mesures [V (Sol) - IV (Fa) - I (Do) : 2 mesures] x 2

Cette structure est sujette à des variantes : une modulation un 1/2 ton en dessous pour 3e couplet puis une modulation au ton supérieur pour le 4e couplet

Il y a aussi des ajouts à la structure de base en couplets :
- un intermède ajouté entre les couplets 3 et 4 : "Babas cools…
- un court intermède instrumental entre les couplets 4 et 5
- une fin (Coda) développée prenant appui sur l’ harmonie V - IV répétée en boucle.

Dans la version de l’album l’orchestration est riche avec tous les instruments du Big Band traditionnel :
- Section Rythmique : Piano Basse Batterie = Orgue = Guitare acoustique
- Section Cuivres : trompettes & trombones
- Section Anches : Saxophones Le tempo est très rapide ce qui correspond assez bien au caractère énergique caractéristique de ce chanteur !

En ce qui concerne le texte, il faut d’emblée relever la référence à la chanson "Le déserteur" de Boris Vian. Ce titre célèbre est une chanson engagée de référence, ayant elle-même été interdite de diffusion pendant des années à cause de son caractère antimilitariste et insoumis. "Le déserteur" commence par "Monsieur le Président…" où l’apostrophe au chef d’état est fait directement, d’emblée, de manière non équivoque, comme dans un courrier officiel ou une lettre ouverte.
Dans "le swing du président", le ton bifurque de façon plus débonnaire ("on peut s’parler ?"), jouant sur un présupposé que le président veuille bien se laisser aborder de manière sympathique et non protocolaire. Sanseverino ironise peut-être sur le côté démagogue que les politiciens affichent parfois, un peu dans le style : "je suis un homme d’état près du peuple, on peut m’aborder facilement…". Là, le responsable politique se fait un peu prendre au piège car le sujet n’est historiquement pas un fait vraiment démocratique : la défense nationale et particulièrement la dissuasion nucléaire pas plus que le choix de l’énergie atomique n’est directement soumis aux choix citoyens. La stratégie de ce texte engagé va être de considérer avec évidence que le nucléaire doit évidemment être aboli vu l’énormité des inconvénients, et va concentrer son engagement sur le fait qu’il est finalement facile de prendre une telle décision pour le bien de tous - le problème du reclassement des savants (cf "les oncles bricoleurs"…) étant un problème secondaire. Le discours du narrateur ("JE") considère que le président lui même en sera vite convaincu - et que les citoyens, les autres chefs d’états (cf La java des BA !…) à l’ONU, puis les générations futures ("nos enfants") n’auront qu’à louer les décisions courageuses d’une politique éclairée (la gloire historique !) Le narrateur s’est imposé au politique et termine par une tape dans le dos du président : "Peace and Love ! Mon président !" qui a tout d’une boutade. Bien sûr, la naïveté du propos et de la situation est énorme, plaçant la chanson dans le domaine inattaquable de la farce. Mais Sanseverino - qui est un artiste plein d’humour, d’ironie autant que de conscience politique (il s’est engagé à des élections), sait sans doute que la comédie laisse parfois plus de traces que les dénonciations frontales.

Sting
- http://www.sting.com/
- http://fr.wikipedia.org/wiki/Sting

Paroles :
- Paroles, traduction & commentaire : http://lhistgeobox.blogspot.fr/2008/09/russians-de-sting-et-un-peu-de.html
Analyse sommaire de "Russians"
- voir : http://fr.wikipedia.org/wiki/Russians_%28chanson%29

• CONCLUSION

Les explosions de 1945 à Hiroshima et Nagasaki ont été des moments particulièrement affreux dans l’histoire des guerres, sans doute à l’apogée de ce que l’homme est capable dans sa recherche meurtrière, tous les hommes du XXe siècle ont été marqué par ce terrible événement. Les artistes, bien évidemment. Que ce soit en littérature, au cinéma, dans le domaine des beaux-arts ou celui de la Bande Dessinée, en Musique savante ou davantage populaire, la contribution artistique sur le sujet est à la hauteur de l’impact humain et traduit l’horreur de l’holocauste atomique. voir les articles précédents :
- 2013
- 2012
- 2011


Agenda

<<

2017

 

<<

Novembre

 

Aujourd'hui

LuMaMeJeVeSaDi
303112345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930123
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois