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Quand les 4B prennent la plume publié le 07/03/2018

Rap et slam en poésie

Aujourd’hui, les élèves de 4èmes B ont rencontré un artiste, Kouakadry, avec lequel ils ont créé en s’inspirant de la musique urbaine. Ils se produisent le jeudi 8/03 à 12h45 dans la cour du collège et vous feront découvrir leur nouvelle création : l’ardente épopée. Toute une histoire !

Des graines de Grandmaster Flash (souvenir, souvenir), voici quelques extraits de textes des 4èmes B pour patienter :

L’ardeur c’est la fureur
Pour l’heure, joie ou bonheur
De l’homme qui veut la femme
C’est comme un ours en flamme
Elle dit : « tu ne m’auras pas »
Mais demain, j’suis papa
Et elle dit : « on divorce…
Sauf si on part en Corse ! »

Ferme ta porte !
Je ferme ma gueule et j’essaye de marcher seul,
Mais j’veux pas y croire, c’est fini, c’est foutu d’avance
J’avance, mes mots j’les balance
Aux gens qui se retournent pour m’observer, me dévisager, peut-être bien se moquer
Aux gens qui me font du mal sans même me parler
Aux gens qui ne savent pas vivre en s’amusant, en risquant
Aux gens qui te reprennent alors qu’ils ont soixante-dix ans
A cet âge-là, sait-on encore parler, encore comprendre, encore pardonner ?
Ça y est, ils ont eu raison de moi, je ne sais plus quoi penser
Ces gens qui insultent les autres avec leurs préjugés,
Ne dit-on pas que toutes les personnes naissent libre et égales ?
Tous pareils ? Toutes pareilles ? Qu’ils me foutent une paix éternelle !

Fatalement oui, mais si on continue d’avancer, de mordre la vie,
Si on se retient d’hurler, tout risque de tomber dans l’oubli.
Je vois cette fille qui continue de sourire,
Même après la tempête, ils ne s’arrêtent pas de rire.
Moi, je voudrais que tout s’arrête.
T’es là, t’en parle, moi j’t’écoute,
Tu ris comme si c’était normal, tu m’dégoûtes.
Ce n’est peut-être qu’une apparence
Si ça se trouve, tu souffres et tu caches des larmes denses dans un pénible gouffre.
Je m’excuse, je guette la fissure,
Comme un chat de gouttière sur la toiture,
Funambule, somnambule, noctambule,
Comme une souris face à un pitbull
Ça m’amuse de chercher ton cœur battre la mesure.

Le regard d’un autre peut paraître plus important que le sien.
Un regard peut resplendir de bonheur et de joie,
Mais aussi être sombre d’inquiétudes
Parce que tes yeux, ils peuvent être doux, amoureux ou transparents,
Violents, lourds ou extravagants,
Ils peuvent me transporter et me blesser,
Ils peuvent me fracasser ou me faire voyager,
Ils sont comme des éclairs qui foudroient.
Ils veulent tout dire mais sans les mots,
Tes mots sont comme des lames qui me transpercent
Ou un doux souffle qui me caresse la peau.

Je t’écoute, tu chantes un amour fou que je ne vois pas, je ne m’y vois pas.
J’aimerais te retourner ces maux parce que mes mots sonnent tellement creux.
Des ricochets sur l’eau salée de ma mère, aussi salée que ses larmes, un peu trop d’ailleurs.
Pas que je ne t’aime plus, moi, loin de là.
Je me souviens de cette première fois où j’ai pu mesurer tout ton amour pour moi,
J’ai ressenti un tel bonheur, mon papa, mon héros.
Quelle fierté ! Mais le temps qui passe me fait douter.
Adultes, enfants, même combat, même errance,
Je vois mon enfance défiler en cadence.
Quelle déception !
De quoi es-tu fait ? De quoi es-tu capable ?
Moi, de colère et d’amertume.
Au fond, je ne t’en veux pas,
Tu sais, moi aussi, j’habite une rage incontrôlable,
Te dire « je t’aime » ? J’en suis incapable.
C’est peut-être ça notre problème : cette colère sourde qui consume notre amour.
Papa, j’écoute cette chanson et je pleure, je pleure notre amour mort,
Je pleure et j’imagine que notre bonheur passé existe encore.
Mon papa héros, mon papa zéro.

(Bonus - ce dernier écrit répondant au sujet suivant : imaginez que vous êtes la fille de Renaud à l’âge adulte. Répondez à la chanson « Lolita »)

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