Contemporain de RAMEAU : D. SCARLATTI

publié le 22/01/2015, mis à jour le 23/01/2015,
par  M.PLOQUIN

Domenico SCARLATTI (1685-1757),

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fils d’Alessandro Scalatti (opéra Napolitain), est un compositeur et virtuose du clavecin. 550 sonates ou « essercizi ». Il est italien de naissance mais effectue l’essentiel de sa carrière à l’étranger, et notamment ses 30 dernières années à la cour d’Espagne.
S’il connaît le contrepoint et la tradition de ses devanciers, s’il sait intégrer l’influence de la musique populaire espagnole, Scarlatti ne se laisse pourtant jamais enfermer dans un cadre contraignant élaboré par d’autres : il privilégie la mélodie, intrinsèquement liée au rythme et à l’harmonie qui sont servis par une virtuosité incomparable. Il multiplie les dissonances, les modulations, les ruptures rythmiques, les contrastes mélodiques. Ses trouvailles dans ces domaines sont extrêmement nombreuses et non conventionnelles : elles renouvellent de façon très personnelle la littérature du clavecin.

Beaucoup interprété par les clavecinistes et les pianistes.
Scott Ross en a réalisé une intégrale (34 cd !). Vladimir Horowitz, Martha Agerich et tous les grands pianistes l’ont placé à leur répertoire. Il existe également beaucoup d’adaptation, transcriptions et arrangements pour la guitare (solo ou duo) et pour ensemble et

Sonate k 141

Le plan tonal de cette sonate (comme presque toutes) est bipartite et suit celui des danses de la suite traditionnelle : du ton principal on évolue vers la dominante puis on revient à la fin au ton principal, chacune des 2 parties étant reprise.
Ici on a l’impression que les difficultés techniques sont éléments d’inspiration. En effet la répétition rapide d’une même note - soit le même doigt par un geste du poignet (Aline d’Ambricourt au clavecin), soit en faisant rouler les doigts en boucle (123123) – confère l’énergie trépidante qui démarre la pièce. Notons aussi les passages avec croisement des mains soit MG par dessus MD et l’inverse afin de dynamiser les registres et les basses parfois renforcées en octaves à la MG. Et encore les passages avec enchainement de trilles à la MD.
Cette sonate ne peut toutefois être réduite au seul statut d’exercice, car les arpèges aux deux mains alternant mélodie (MD) et harmonie (MG), les silences surprenants introduisant les changements de registres et de dispositifs (MD en batterie sur l’accord autour d’une note pivot), les harmonies espagnoles dissonantes sur pédale de dominante (la) et les accords plaqués-arpégés du début (comme le ferait une guitare) sont autant d’éléments qui donnent toute son originalité dramatique et une saveur colorée à cette pièce.

un document Scarlatti_Sonates_K-141 (PDF de 652 ko)

VERSIONS de la sonate k 141
- Alexandre tharaud (piano)
- Martha Argerich (piano)
- Emil Guilels (piano)
- Aline d’Ambricourt (clavecin)
- Jean Rondeau (clavecin)
- Accordeon
- Heavy Metal

Le clavecin rend bien le brillant de ce phrasé en répétition et les contrastes de registres des passages en alternance. Le piano impose un toucher très nerveux et précis, servi par la mécanique très performante du double échappement des pianos à queue. Les tempi sont donc souvent plus rapides chez les pianistes (Martha Argerich !) et les ornements y sont aussi mordants ! Souvent, les nuances servent les progressions du discours comme les ’marches harmoniques’ et appuyent de crescendo ou d’effet de pédale les palliers des tonalités.

Autres sonates avec interprètes prestigieux :
- Vladimir Horowitz (piano) Sonate L224
- Ivo Pogorelitch (piano) Sonate K1


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