Christine Cavaillès n’est pas personne! publié le 22/04/2026

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« Papa » Voilà comment évoque Christine Cavaillès simplement son père. Cet homme qui « a refusé de travailler pour les boches » et a donc connu le pire dans les années 1940. Avec une verve sans pareille, cette oratrice chevronnée a pu exposer et s’entretenir avec les élèves de 3ème du collège jeudi 12 mars. C’est la troisième année que le collège Ouche des Carmes la reçoit. Rappelez-vous de sa venue en 2025 "Solidarité" "Amitié" "Aide"... ou en 2024 Témoignage de déportée.

C’est que Christine Cavaillès n’est pas personne. Elle est la présidente départementale de l’Amicale de Sachsenhausen. Ce nom allemand désigne un camp de concentration nazi implanté en 1936 à 30 km au nord de Berlin. Les élèves ont assisté à un récit assez poignant de l’histoire du camp au regard de ce que cette fille de déporté peut nous raconter. Ce camp est peu connu et pourtant, c’était le quartier général des SS.

Dès le début, elle avertit : « Solidarité, c’est le mot que vous allez beaucoup entendre dans cette conférence ». La solidarité, c’était « vital ». La conférencière définit alors simplement le mot : « La solidarité, c’est donner un regard amical. C’est s’entraider. Ce sont des gestes et des choses qui aident.

Comme les années précédentes, elle rappelle encore cet exemple frappant : « Dans le camp, il y avait des catholiques qui voulaient donner une messe. Ils ont demandé de l’aide aux communistes. Or, les communistes, n’aimaient pas trop la religion. Pour eux, c’est un peu ; « ni dieux, ni maîtres ». Mais là, il était question de solidarité. Les catholiques ont demandé de l’aide aux communistes. Ils ont chanté tout autour de la barque où ils faisaient la messe, comme cela, on ne pouvait pas entendre la messe. Ils tournaient autour. Dès qu’un SS arrivait, ils s’arrêtaient de chanter. Ainsi, les catholiques étaient au courant du danger et stoppaient la messe. »

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Il est aussi question de douleur, d’enfer, de quotidien inimaginable et de la faim. Mais « ce qui est compliqué c’était d’avoir soif » lui a-t-on rapporté. Au-delà, elle affirme : « le retour à la vie, c’est simple ».

Comme à son habitude, Mme Cavaillès fait le lien avec la politique actuelle. L’année dernière elle rappelait que ce n’est pas un « détail de l’Histoire ». Cette année elle, affirme avec scientificité historique : « oui les nazis sont d’extrême-droite ». Elle ajoute, que d’une manière un peu détournée : « les dénonciations sont toujours d’actualité »

Une chose est sûre, Christine Cavaillès continuera longtemps de faire vivre la mémoire de son père et d’autres disparus. C’est une véritable passeuse d’Histoire. Merci à elle.

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Pour remercier la présence de Mme Cavaillès, le FSE a fait un don à l’Amicale de Sachsenhausen