"Solidarité" "Amitié" "Aide"... publié le 20/01/2025

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« Pour moi, c’est aussi un grand honneur d’être là. » Voilà comment se présente Christine Cavaillès. Cette oratrice captivante a pu exposer et s’entretenir avec les élèves de 3ème du collège vendredi 10 janvier.

Christine Cavaillès est la présidente départementale de l’Amicale de Sachsenhausen. Ce nom allemand désigne un camp de concentration nazi implanté en 1936 à 30 km au nord de Berlin. Les élèves ont assisté à un récit assez poignant de l’histoire du camp au regard de ce que cette fille de déporté peut nous raconter. Ce camp est peu connu et pourtant, c’était le quartier général des SS. « C’est de là que partaient les ordres. » nous explique-t-elle.

Dès le début, elle avertit : « Solidarité, c’est le mot que vous allez beaucoup entendre dans cette conférence ». La solidarité, c’était « vital ». La conférencière définit alors simplement le mot : « La solidarité, c’est donner un regard amical. C’est s’entraider. Ce sont des gestes et des choses qui aident.

Puis, elle cite un exemple : « Dans le camp, il y avait des catholiques qui voulaient donner une messe. Ils ont demandé de l’aide aux communistes. Or, les communistes, n’aimaient pas trop la religion. Pour eux, c’est un peu ; « ni dieux, ni maîtres ». Mais là, il était question de solidarité. Les catholiques ont demandé de l’aide aux communistes. Ils ont chanté tout autour de la barque où ils faisaient la messe, comme cela, on ne pouvait pas entendre la messe. Ils tournaient autour. Dès qu’un SS arrivait, ils s’arrêtaient de chanter. Ainsi, les catholiques étaient au courant du danger et stoppaient la messe. »

Il est aussi question de douleur, d’enfer, de quotidien inimaginable et de la faim. Surtout la faim. « Au petit déjeuner ? Une gamelle d’eau chaude. Enfin, une sorte de soupe de gland. Mais les prisonniers et prisonnières s’en contentaient car c’était chaud. C’était déjà ça. Encore fallait-il avoir sa gamelle sur soi. Sans cela, vous ne mangiez pas. »

La conférence s’arrête un peu avant la fin. Le temps de répondre aux questions des élèves. Enfin, elle conclue et fait le lien avec l’actualité. « Vous savez, il y a quelques jours un homme politique est mort. Il disait de cette période que c’était un « détail de l’Histoire . On ne peut pas dire cela. Ce n’est pas un détail. Le jour où il a prononcé cette phrase, les anciens déportés ont arrêté de se taire. Ils sont venus dans les établissements scolaires pour témoigner. »

On comprend ainsi pourquoi elle nous parlait d’ « honneur » au début de la rencontre. Elle fait vivre la mémoire de son père et d’autres disparus. Elle passe la mémoire et le savoir à de futurs citoyens, à de futures citoyennes.

Pour remercier la présence de Mme Cavaillès, le FSE a fait un don à l’Amicale de Sachsenhausen.