La guerre civile et "la Retirada" en BD - Rencontre avec Antonio Altarriba et Alfonso Zapico

publié le 07/02/2018,
par  Nathalie Martin

1. Tout du long de ces deux dernières semaines, nous autres lycéens de lEREL1 avons eu la chance de participer à un concours de bande-dessinée. Nous avons assisté à un colloque sur la guerre civile espagnole à travers des bandes dessinées et des témoignages de rescapés. C’est avec émotion qu’Antonio Altarriba, auteur et essayiste renommé, nous a transmis son récit familial raconté dans son ouvrage L’art de voler/El arte de volar et plus encore un récit historique et humain d’une profonde sincérité. Cette émotion fut décuplée par l’intervention des rescapés qui nous ont permis de découvrir une nouvelle facette beaucoup plus sombre d’Angoulême : le camp des Alliés, La Combe-aux-Loups.
Mercredi 24 janvier alors que nous venions à peine de rendre nos planches de BD, certains d’entre nous on pu assister au vernissage de ces dernières. C’est avec émotion et un sentiment de fierté que nous observions tour à tour le travail que nous avions fourni mais également les magnifiques planches des élèves de Charles Coulomb qui comme nous ont eu la chance de participer à ce concours, ainsi que les dessins d’Alfonso Zapico produits lundi. Il nous a été rapporté par la suite que le jury fut particulièrement impressionné par tous les travaux, ce qui relève de l’exploit, vu le peu de temps qui nous était imparti pour réaliser par groupe de 4 une planche de BD retraçant différents événements de la guerre civile espagnole. À l’occasion de ce vernissage, nous avions pu également écouter du slam, qui racontait de façon originale et bouleversante l’histoire de l’Espagne à travers l’expérience familiale de l’interprète. En outre il est important de préciser, qu’un des groupes de notre classe a eu la chance de remporter le prix de l’idée grâce à leur planche poignante. Mais au-delà de ça, cette activité nous a permis de découvrir un pan de l’histoire encore trop peu évoqué.
Enfin, jeudi 25 janvier, nous avons eu la chance de découvrir les expositions mettant la BD à l’honneur au musée ainsi qu’au théâtre d’Angoulême ainsi que différentes bulles de la BD. Un sentiment de cohésion et de diversité planait sur la le centre ville grâce aux expositions diverses et variées abordant le thème de la bande dessinée de façon très large. En effet nous avons découvert la culture extrêmement riche de la bande dessiné à travers divers prismes comme celui du manga et de l’exposition consacrée à Osamu Tezuka, maître mangaka . Les bulles diffusaient une atmosphère différente, et il se dégageait des nombreux stands, artistes, éditeurs et curieux en tous genres, une émulation culturelle énergique et réconfortante dans la grisaille de janvier. (Jeanne Lucie Louise et Sacha)

2. Une bulle rien qu’à nous...

Tout commence lorsque notre professeure nous parle d’un projet, construire, avec l’aide d’Alfonso Zapico, une planche de bande dessinée..
Le 22 janvier nous nous sommes rendus au centre Louis Aragon afin de rencontrer un auteur et un dessinateur espagnols ainsi que l’association des espagnols de Charente. Cette après-midi a été très enrichissante, entre un homme qui écrit la vie de son père avec ces hauts et ces bats, le montrant tel que personne d’autre que lui ne peut le faire, avec un support peu commun, original et pourtant tellement parlant. En parallèle nous avons eu le récit d’un village durant cette Guerre Civile, son évolution et les choix de ses habitants face à tant de violence...

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Enfin nous avons assisté à de vrais témoignages de personnes ayant vécu l’exil de cette guerre, des enfants, des frères, des sœurs et même des enfants nés dans cet enfer...Je crois que nous avons ressenti tout un tas d’émotions face à ces gens, la compassion a eu une place importante devant eux lorsque qu’ils racontaient leur périple pour arriver jusqu’en France, puis le désarroi et l’incompréhension face à l’accueil que, nous, Français avons donné à ces gens en les parquant dans des camps plein de boue et sans vraiment de toit. Mais ce que nous retiendrons de cette journée c’est la force avec laquelle ces personnes sont sorties de cette guerre qui, parfois, a détruit leur famille mais surtout leur pays. Ils sont restés debout et ont continué de vivre pour montrer à ceux qui avaient voulu les atteindre qu’ils n’arrêteraient pas de se battre...
Pour achever cette semaine sur le thème de la bande dessiné et de la guerre civile espagnole nous nous sommes rendu au Festival de la Bande Dessiné ; nous avons visité plusieurs expositions dont celle se trouvant au musée d’Angoulême et celle du théâtre. Ce fut l’occasion de découvrir pour certain membres du groupe ou de redécouvrir pour d’autres la variété qu’offre ce festival, qui d’année en année ne cesse d’attirer plus de personnes. Malgré le mauvais temps et la fin de semaine nous avons vraiment profité de ce moment, nous avons pu découvrir une exposition sur le manga qui nous a beaucoup appris, l’art de ce genre dessin étant moins répandu en Europe que dans les pays asiatiques.

Merci de nous avoir fait partager cette expérience qui nous aura beaucoup appris d’un point de vue historique mais surtout d’un point de vue personnel.... (Léa F, Biged, Maëlys, Baptiste)

3. Salon de la bande dessinée

Mardi 22 janvier 14h00

Nous avons rencontré deux auteurs de bande dessinée et écouté le récit de de déportés espagnols, qui ont vécu la guerre civile, l’exil et la déportation. Le premier auteur, Antonio, nous a présenté sa bande dessinée qui retrace la vie de son père. Nous avons ressenti une émotion vive, une profonde tristesse car sa bande dessinée est introduite par le suicide de son père. Nous avons retenu tout particulièrement une phrase symbolique prononcée par Antonio : « On dit que le suicide de mon père a duré quatre secondes, mais en réalité, il a duré 90 ans, »

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Cette rencontre passionnante nous a permis de percevoir et de comprendre ce qu’ils ont vécu, de leur propre point de vue. Cette rencontre a été utile pour chacun d’entre nous. Ils ont été heureux de nous raconter leur histoire et ainsi de faire de la mémoire un héritage, étant donné que la propagande menée par Franco opère toujours.

Jeudi 24 janvier 14h00

Après avoir réalisé des planches de bande dessinée dans le cadre d’un concours, nous avons eu l’honneur de visiter le festival de la bande dessinée. Nous avons pu découvrir des œuvres d’artistes connus ou non. Notre exposition préférée est celle qui a lieu dans les sous-sols du théâtre. L’originalité des dessins combinée à l’ambiance nous a marqués. (Pauline, Jennifer, Estelle, Sarah)


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