Les critiques de "Soy Nero" de Rafi Pitts publié le 31/03/2017

Voici les critiques pour le film

Soy Nero de Rafi Pitts :

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Mathilda Vivien
Désertique, c’est le qualificatif qui pourrait être donné à "Soy Nero". Le réalisateur Rafi Pitts nous offre une œuvre humaniste, engagée. Un film où le personnage principal Nero, se tait beaucoup, à l’image de ses droits aux États-Unis qui sont presque inexistants. Le premier janvier il traverse la frontière mexicaine vers les États-Unis sous les feux d’artifices, son voyage ne sera malheureusement pas si étincelant. Déçu par les retrouvailles avec son frère il s’engage dans l’armée pour obtenir le fameux "green card soldier". Nero se bat, pourquoi ?
Pour sa propre liberté, pour celle de tous les immigrés. Pitts fait néanmoins l’erreur de faire durer la bataille trop longtemps, on trépigne de voir le générique de fin arriver. C‘est un film qui fait réfléchir sur les rouages de la nationalité aux États-Unis, et de quelle façon les immigrés sont utilisés par l’armée.

Bastien Vieuille Giovanni Cobo
L’histoire traite de Nero, un jeune homme d’origine mexicaine qui a grandi à Los Angeles et qui a été reconduit à la frontière avec sa famille.
Le Mexique est il vraiment son pays ? Lui qui se sent Américain, la question de l’identité culturelle est donc posée. Le film retrace la quête de Nero pour trouver la réponse. Il traverse donc la frontière afin de retrouver son frère aux États-Unis. Il suit des pistes pour révéler son identité, mais ces pistes s’effacent dans la profondeur de champ. On rencontre ainsi désillusion, résignation et préjugés, que se soit de part son frère ou via le racisme lattent au sein de l’armée.

Pierre Boulet Jérémie Guyomard
"Soy Nero" est un film germano-mexicano-français sorti le 21 septembre 2016 avec comme acteur principal Johnny Ortiz et comme réalisateur Rafi Pitts. Même si parfois le rythme du film nous impose quelques endormissements, il reste tout de même intéressant. La réalisation du film est âpre, débarrassée de tout effet spectaculaire. Cette mise en scène est accentuée par un montage cut mais aussi par un rythme contemplatif qui joue sur la durée transformant les plans en tableaux.
"Soy Nero" n’oublie pas d’être un film humain, proche de ses protagonistes, loin de tout manichéisme et jugements moraux.
Cependant, malgré l’envie du réalisateur de nous montrer que les individus sont prêts à tout pour avoir une vie meilleure, le film souffre d’un rythme haché, des moments où le film nous accroche lorsque Nero persévère mais ce rythme est cassé par ses longueurs qui nous éloignent de l’intrigue et réduisent notre attention. Mise à part ce détail, le film reste bon et tente de nous faire passer un message et de nous faire réagir.

Corentin Bertholon
"Soy Nero" est un film traitant d’un sujet peu connu, nous immergeant dans la peau d’un jeune mexicain à al recherche de sa nationalité. Pour ce faire, il passe par différents subterfuges et milieux sociaux. Ce film traite très bien le sujet de la "green card soldier" ainsi que celui des immigrés mexicains qui aujourd’hui est encore au centre des débats politiques américains. Ce film nous montre un point de vue tout à fait objectif sur la situation des soldats immigrés à la recherche de stabilité, à la recherche d’intégration dans une société qui les rejette. Malgré quelques plans séquences trop longs, ce film nous choque autant qu’il nous informe à travers le parcours du jeune Nero.

Elora Fromentin
"Soy nero" est un film de qui parle de l’immigration des mexicains vers l’Amérique. Tout au long du film l’histoire du personnage est survolée, il n’exprime pas clairement les détails du périple de Nero, ne permettant pas au spectateur de s’identifier au personnage. C’est sans doute cela qui rend le film long et lent, on ressent une réelle lourdeur qui nous met mal à l’aise. Ce jeu avec le temps est un réel coup de maitre fait par le réalisateur pour montrer au spectateur ce que ressentent les immigrants mexicains en allant aux Etats-Unis mais c’est un jeu à double tranchant car certains spectateurs n’arriveront peut-être pas à être immergés dans le film.

Maya Crosby Emery
Nero est le personnage principal, or il ne parle quasiment pas. Ce silence est important et correspond au message véhiculé par le film car le personnage de Nero symbolise toutes les personnes qui cherchent à obtenir la « green card soldier », ce silence c’est le silence des minorités, des opprimés qui n’ont pas la possibilité de s’exprimer. De plus, le fait que Nero ne soit pas très bavards permet aux autres protagonistes de l’histoire d’exister, eux se définissent clairement, leur identité est bien dessinée alors que Nero cherche à se définir.
Au delà de la bande son, le film est construit comme une course. Nero fuit une réalité mexicaine qui le poursuit, s’impose à lui à travers son passé et les problèmes qu’il rencontre. Il imagine une vie parfaite dans laquelle il serait américain, rêve intensifié par la mise en scène de son frère installé dans une maison luxueuse qui n’est qu’un leurre. Dans les faits la réalité qui s’impose à lui n’est qu’une illusion et son frère lui souligne bien. Les rencontres que fait Nero lui répète inlassablement ce message : l’american dream est une construction de l’esprit mais n’a rien de tangible. Malgré cela Nero s’entête et poursuit sa quête.
Le rythme lent du film le rend ennuyant par moment et même si un montage cut nous montre que le film est un fil à suivre, il demeure lent. Cette lenteur et cet ennui ressenti, nous plongent dans le propre ressenti de Nero. Nero c’est nous tous, nous sommes Nero, plongé au cœur de l’immigration, prêt à tout pour survivre et pour obtenir une autre identité, une autre nationalité.