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Qui fut Théodore Rancy ? publié le 09/11/2008  - mis à jour le 05/12/2017

Après de nombreuses réunions, de nombreuses recherches, de nombreux débats, le Collège vient de se doter du nom de Théodore Rancy.

Qui est ce personnage, qu’a-t-il fait ? Pourquoi a-t-il été préféré, à la majorité ?

Voilà un résumé de la biographie de Théodore Rancy éditée par jacques Garnier en 1975, (Livre : « Théodore Rancy et son temps » que Charly Grenon a bien voulu confier). Ce résumé a été édité pour "la feuille du Jumping" : journal distribué gratuitement par l’ASCAC lors du Jumping International du Sud Charente qui se déroule chaque année en août.

Âgé d’une vingtaine d’années environ, aux alentours de 1838, Théodore Rancy passait à Chalais avec une troupe de saltimbanques. Il exécutait un numéro de force et soulevait, on ne sait comment, un poids de 900 kilos, il faisait également une démonstration de lutte. Chez le barbier bavard du coin, qui rappelait des similitudes avec une petite troupe itinérante portant le nom de Rancy, Théodore s’écria :
« Comment dites-vous ? Rancy, mais Rancy c’est moi, je m’appelle Rancy… »
Il venait de retrouver son pays natal. En effet en 1818, ses parents allaient de ville en ville et Sabine Rancy, danseuse de corde, mit au monde, à Chalais, lors de leur passage, un enfant nommé Jean Bapiste Théodore. Cet enfant laissé en nourrice chez la mère Poitou fut repris par ses parents à l’âge de cinq ans.
C’est là que commença la trépidante vie de Théodore.
Avec ses parents il apprit la jonglerie, l’acrobatie, mais aussi la comédie qui ne lui plaisait guère. C’est même pour cette raison qu’à l’âge de 15 ans son père l’autorisa à quitter la famille avec un passeport et 40 sous en poche.
Il serait trop long de décrire toutes les péripéties des débuts de cette vie faite de courage, de persévérance mais aussi de hasards heureux. Ainsi il fut engagé successivement par le Dr Thollet, Mme Javelly, le cirque Bouthord… jusqu’au jour où un oncle du côté de sa mère, qui avait abandonné le voyage, vint le chercher pour lui apprendre le métier noble d’ébéniste. Pas encore majeur, Théodore fut contraint de suivre son oncle à Nantes. Mais un métier statique ne lui convenait pas, il était athlétique, fort et avait besoin de se dépenser. Il dit à son oncle :
« Vois-tu, ce métier ne me convient pas je ne suis pas fait pour cela, je ne ferai jamais un bon menuisier, il vaut beaucoup mieux que je devienne acrobate. »
Le hasard lui fit suivre la route du lutteur Turc, (d’où l’expression fort comme un Turc) route qui devait se terminer à Chalais où il se fit rapidement des amis et où il apprit le métier de boulanger chez les époux Meunier. Il raconte dans ses mémoires, dictées à la fin de sa vie : « Je suis certain que mon séjour dans leur foyer a eu une influence heureuse sur toute ma vie. » C’est en tout cas là qu’il tomba « amoureux » des chevaux, alors qu’il menait boire ceux de M. Meunier en faisant des acrobaties.
Après son apprentissage, il travailla à Baignes où il monta une petite troupe de théâtre, puis à Jonzac, puis à Angoulême où il donna des cours de gymnastique aux enfants de la belle société angoumoisine.
Puis il fut pris du désir de retrouver ses parents. Il partit donc avec le lutteur Turc, puis les Robba, ancienne famille de banquistes très connue en France, et enfin retrouva sa famille à Valence.
En se déplaçant de ville en ville, le hasard encore, lui fit rencontrer un directeur de collège jésuite à Annonay qui lui proposa un poste de professeur de gymnastique et presque aussitôt, avec beaucoup de culot, il accepta la charge de professeur d’équitation, sans en avoir appris, lui même, les bases. Fut-il à la hauteur ?

...Théodore Rancy s’acquitta à merveille de son rôle de professeur d’équitation, mais n’en resta pas là.
Sur les conseils d’un avoué, il se présenta à un cercle hippique à Saint Etienne qui cherchait un professeur. Le comité directeur de la société lui demanda bientôt de se perfectionner à Paris auprès de M. Baucher, référence de l’époque en matière d’équitation. Après avoir terminé ses engagements à St Etienne, et avec les chevaux qu’il avait dressés, il n’eut pas de mal à intégrer le cirque Franconi jusqu’en 1847 date à laquelle la chance lui permit d’être agréé pour monter une école d’équitation à Baden Baden avec M. Benazet. Dans cette école haut de gamme, il côtoya des aristocrates qui le remarquèrent et après quelques démonstrations de dressage dans différents cirques célèbres de l’époque, un engagement de 3 ans lui fut proposé comme écuyer du Tsar de Russie à St Petersbourg. Il profita de la magnificence et de la douceur de vivre à la cour de Russie, mais las d’un milieu qui n’était pas le sien et la guerre s’annonçant il rejoignit Lyon en passant par Varsovie et Paris.
Au cour de l’hiver 1854, Théodore fut ennuyé par des douleurs aussi aiguës qu’inquiétantes dans les jambes, l’empêchant même de monter à cheval. Il partit faire une cure à Greffenberg en Autriche.
« … je me félicitai de cette cure à l’issue de laquelle les maux avaient disparu, j’avais retrouvé toute ma vigueur. »
De retour à Lyon, il intégra le cirque Loyal. Là, il tomba amoureux d’Olive, la fille aînée de Monsieur Loyal. Il l’épousa en 1855. (Dans ses mémoires, il parle peu de sa vie amoureuse, mais il rend, à plusieurs reprises, un hommage élogieux à son épouse qui, bien que plus jeune que lui, a su le soutenir dans les périodes difficiles.)
Rancy, conforté par cette épouse dévouée, énergique et très bonne gestionnaire, décida de monter son propre cirque.
Il serait trop long de décrire toutes les péripéties que cette famille, vouée au cirque et aux chevaux, a connues. On peut dire simplement que ce fut une succession de hauts et de bas. Le schéma était pratiquement toujours le même : Rancy obtenait un crédit pour acheter du matériel, il faisait construire un cirque en planche ou confectionnait un chapiteau de toile, engageait des artistes, dressait des chevaux. Les premières recettes étaient excellentes, puis les affaires marchaient moins bien, il payait ses dettes, et repartait à zéro soutenu par Olive son épouse.
Les affaires allèrent de mieux en mieux tout de même, et dans les années 1860, le Cirque Rancy comptait 116 personnes et 75 chevaux. De passage en Belgique, il fit l’acquisition d’un pied à terre dans la banlieue de Bruxelles pour, dit-il dans ses mémoires, y laisser ses enfants Alphonse, Adèle, Napoléon, Justin, et Sabine « qui s’y retrouveraient mieux à vivre en sédentaire pendant leurs jeunes années, » (ce pied à terre s’ajoutant à celui de Paris et de Lyon).
En 1867 Théodore reçut une invitation pour se rendre au Caire afin d’inaugurer, avec sa troupe tous frais payés, le canal de Suez. Cette expédition fut époustouflante et il en revint riche et célèbre.
En 1870, il licencia sa troupe, liquida son cirque et se retira, comme un retraité aisé, dans une magnifique propriété à Bruxelles avec parc et écuries et s’occupa à donner des cours d’équitation à ses enfants.
L’ennui le gagna rapidement. Au bout de 3 années, il dit à sa femme : « Vois-tu Olive, nous ne pouvons pas rester ici à croupir dans l’ennui. Notre vie n’est pas celle des sédentaires, il nous faut repartir. » Le Cirque Rancy allait-il renaître ?

Sans emprunter cette fois, Théodore Rancy remonta une troupe opulente, toujours avec de nombreux chevaux, et partit de ville en ville. Il fit construire des cirques en dur un peu partout en France, comme celui d’Amiens qu’il inaugura avec Jules Vernes.
Théodore Rancy dirigea son cirque, désormais célèbre, jusqu’à la fin de sa vie, passant progressivement la main à ses enfants qui se marièrent dans le milieu.
Le Directeur de cirque n’oublia jamais les misères de sa jeunesse et en 1890, il fit un don de 20000 francs à la commune de Chalais afin , dit-il « … qu’elle puisse chausser et vêtir les enfants malheureux deux fois l’an avec les arrérages de ce capital et il offrit également un beau gymnase à la « Chalaisienne » association sportive des jeunes de l’époque.
Le 4 juin 1892, suite à d’abominables souffrances, Théodore s’éteignit à Caen. Longtemps favorable à un enterrement à Chalais, il changea finalement d’avis et selon sa volonté fut inhumé à Lyon dans un magnifique mausolée décoré de deux têtes de chevaux.
Les enfants, puis les petits enfants assurèrent la succession.
De nombreux chalaisiens m’ont dit se souvenir du passage du cirque Rancy à Chalais dans leur « jeunesse ». Il s’agissait, sans doute, du cirque de Sabine Rancy, arrière petite fille de Théodore, née le 10 janvier 1924.

B. Giraud

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