Le Printemps des poètes publié le 20/03/2014

Les élèves de l'atelier mots disent des poèmes...

Le fantôme

D’un souffle printanier l’air tout à coup s’embaume.

Dans notre obscur lointain un spectre s’est dressé,

Et nous reconnaissons notre propre fantôme

Dans cette ombre qui sort des brumes du passé.


Nous le suivons de loin, entraînés par un charme

A travers les débris, à travers les détours,

Retrouvant un sourire et souvent une larme

Sur ce chemin semé de rêves et d’amours.


Par quels champs oubliés et déjà voilés d’ombre

Cette poursuite vaine un moment nous conduit

Vers plus d’un mont désert, dans plus d’un vallon sombre,

Le fantôme léger nous égare après lui.


Les souvenirs dormants de la jeunesse éteinte

S’éveillent sous ses pas d’un sommeil calme et doux ;

Ils murmurent ensemble ou leur chant ou leur plainte.

Dont les échos mourants arrivent jusqu’à nous.


Et ces accents connus nous émeuvent encore.

Mais à nos yeux bientôt la vision décroît ;

Comme l’ombre d’Hamlet qui fuit et s’évapore,

Le spectre disparaît en criant : Souviens-toi !

Louise Ackermann, Contes et poésies (1863)

Le Fantôme dit par Mattéo et Gabriel (MP3 de 1 Mo)

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