Mémoire de la 2e guerre mondiale à Oradour-sur-Glane

Sortie des élèves de 3e à Oradour
publié le 08/05/2014, mis à jour le 28/11/2014,

Le mardi 06 mai, dans le cadre du programme d’Histoire-Géographie, tous les élèves de 3e se sont rendus à Oradour-sur-Glane où le 10 juin 44, la population de ce paisible village limousin, hommes, femmes et enfants, a été exterminée par une division SS. A notre retour, les élèves ont rédigé un compte-rendu de cette journée et ses enseignements :

Nous sommes tout d’abord allés visiter le village. Nous avons vu la boulangerie, l’école pour filles, les coiffeurs, les maisons et plusieurs lieux où se sont déroulés les massacres. Puis, nous sommes allés au cimetière, cela a été très émouvant. Ensuite, nous sommes rentrés dans l’église, le toît et le lustre n’y étaient plus, mais tout n’avait pas été brûlé, comme le confessionnal et certains objets y sont encore.
Après avoir visité le village, nous sommes allés voir un témoignage vidéo d’un des survivants du massacre : Jean Marcel Darthout. Cet homme a expliqué en détail la journée du 10 juin 1944 et nous a expliqué de quelle façon cette tuerie s’était déroulée. Un peu plus tard, nous sommes allés visiter le centre de la mémoire. Un guide nous a expliqué et montré pour quelles raisons les nazis avaient choisi le village d’Oradour sur Glane et pas un autre. Le guide nous a montré une vidéo, tout d’abord d’Oradour avant le massacre puis après.
Nous avons beaucoup appris sur l’histoire de ce village. Ce voyage a été très enrichissant et intéressant pour nous tous.

Ornella C. et Estelle P., élèves de 3ème E

La rencontre avec Robert Hebras

Nous avons rencontré Robert Hebras qui nous a raconté son histoire de la journée du 10 juin 1944.
Monsieur Hebras était au bar avec ses amis. Des soldats allemands sont arrivés et ont rassemblé tous les gens d’Oradour sur la grande place. Tout le monde discutait. Les Allemands ont demandé au maire d’Oradour de choisir 10 otages. Le maire s’est désigné avec ses fils. Puis, les soldats ont séparé les hommes d’un côté et les femmes et les enfants ensemble. Les hommes ont été amenés dans des granges, ils ont attendus longtemps. Ils n’avaient pas peur. Quand tout à coup, il y a eu un signal et les Allemands ont tiré. Robert a été touché, il s’est retrouvé sous un tas de corps. Les soldats ont mis le feu à la grange. Robert a été brûlé mais il a réussi à sortir de la grange. Quand il est sorti, il ne savait pas que les enfants et les femmes avaient été brûlés dans l’église. Il a perdu deux sœurs et sa mère. Il en rêve la nuit et ça restera à jamais gravé dans sa mémoire.

Amandine P., élève de 3 ème B.

C’est dans ce petit village sans histoire que l’armée allemande débarque un début d’après-midi et massacre la population civile sans distinction. Femmes et enfants sont emmenés à l’église où les soldats allemands mettent le feu alors que les hommes sont fusillés dans plusieurs endroits du village.

Un survivant, Marcel Darthout, nous raconte :

Vers deux heures moins dix, Marcel Darthout, 19 ans, part chez le coiffeur et y retrouve des compagnons. Vers deux heures, des chars allemands traversent la ville avec des armes ( mitrailleuses, fusils...). Marcel rentre alors chez lui, alerté par autant d’agitation. Mais une fois arrivé, il se rend compte en sortant dans son jardin, que les allemands l’ont encerclé. Sa femme le rejoint, mais il est inutile de fuir. Où iraient-ils ? Les SS les forcent à sortir de chez eux avec leurs divers papiers, direction le champ de foire. Là, hommes, femmes, enfants sortis des écoles alors accompagnés de leurs professeurs se réunissent. « Nous nous sommes placés par affinité » explique Mr Darthout. Chacun a ses papiers avec lui. Le maire discute avec un SS. La confusion règne « Mais que veulent-ils ? ». Pourtant, personne ne panique. Après tout, qu’y avait-il à craindre ? Oradour n’était qu’un petit village tranquille. Les Allemands s’adressent au petit groupe « On nous a informés qu’il y avait des armes dissimulées à Oradour ». Les habitants nient. Non, il n’y a aucune arme dans le village. Les SS commencent alors à séparer la foule : d’un côté, les femmes et les enfants, de l’autre, les hommes.
Les femmes et les enfants sont conduits à l’église. « J’ai vu une femme s’évanouir et d’autres la transporter. » « Nous n’avions pas peur, l’église, c’est un lieu saint, on ne fait pas de mal à des femmes et des enfants dans une église. » « En partant, j’ai vu ma femme et ma mère pleurer, elles avaient peur pour nous. »
De leur côté, les hommes sont de nouveau séparés en petits groupes ( plus tard, on comprendra que cette méthode servait à contrer toute tentative de rébellion/fuite ). Marcel Darthout et son groupe sont conduits dans une grange, toujours encadrés par les SS. « Un allemand s’est mis à balayer l’entrée de la grange pour y placer sa mitrailleuse puis s’est allongé. Les SS leur font déplacer une charrette qui prend alors trop de place. Les camarades n’ont pas peur, ils discutent tranquillement du match de foot qui devait avoir lieu. Pourtant, l’un d’eux est pris de panique. Il prévient les autres. « Ils vont nous tuer ! J’en suis sûr, je les ai entendus, ils vont nous tuer ! » Mais les autres le font taire, trouvant cette idée bien ridicule. Ce dernier reste alors muet.
Un allemand arrive alors et donne un ordre aux soldats qui surveillaient le groupe. « Feu ! » Commence alors l’exécution. La première salve atteint Marcel aux jambes ; deux balles aux mollets. Les hommes s’écroulent les uns sur les autres. Mr Darthout est enseveli sous les cadavres de ses camarades. La seconde salve le touche, deux balles aux cuisses. Un allemand tire dans le tas mais Marcel n’est miraculeusement pas touché. Les SS s’éloignent et les hommes restent là, immobiles. Lorsque les allemands reviennent, ils entassent foin, petit bois...tout ce qui peut brûler sur le tas de cadavres et mettent le feu. Atteint au visage, aux épaules et aux jambes, Marcel se tire de là. « Tant pis s’ils me voient, je ne veux pas mourir brûlé, les brûlures sont pire que les balles ». Ils sont une poignée à en sortir sans être vus. Ils se hissent alors dans une fente dans le mur à environ 2.50m de hauteur. Incapable de se déplacer, Marcel est aidé par ses compagnons. Ils se cachent dans un tas de foin. Des SS arrivent alors et, sans les voir, ils mettent le feu. Le petit groupe reste un moment piégé dans le début de feu, attendant que les Allemands partent. « ça brûle ! ça brûle mais on ne peut pas bouger, ils sont là ! ». Dès que les SS sortent, ils s’extirpent de là et courent se cacher dans des clapiers à lapins. Bientôt, le feu les rattrape et ils reculent toujours plus.
Un à un, ils traversent la place, cachés par la fumée. L’un d’eux est néanmoins repéré et abattu. Marcel, incapable de marcher, rampe, se hisse, traverse à son tour et rejoint l’autre côté. Là, il trouve du linge étendu. Il se sert alors de serviettes et de chiffons pour se faire des bandages de fortune et se cache dans des buissons. « Il y avait de tout, des orties, des ronces, mais là où j’étais, on ne pouvait pas me voir ».
Le soir venu, des habitants d’un village voisin arrivent et l’aperçoivent. Marcel retrouve alors son père. Il est encore loin de se douter du drame survenu dans l’église.
La femme et la mère de Marcel Darthout ont été tuées et brûlées dans l’église avec les autres femmes et enfants.

Le 10 juin 1944, 642 personnes dont des femmes et des enfants ont étés massacrés par les Allemands.

Camille R., élève de 3ème E

Sources :

1)D’après la vidéo du témoignage de Marcel Darthout vue à Oradour.
2)Le documentaire papier, Oradour sur Glane, Edition des Familles des Martyrs d’Oradour-sur-Glane, acheté sur le site du Mémorial.


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