Days of nothing au Théâtre de la Coupe d’or le mardi 15 novembre publié le 15/11/2016

Days of nothing de Fabrice Melquiot

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L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté

Maximilien. Sans déconner, vous écrivez quoi ?
Rémi Brossard. Je suis romancier.
Maximilien. Ah ouais.
Rémi Brossard. Ouais.
Maximilien. Vous écrivez des romans.
Rémi Brossard. C’est ça.
Maximilien. Qu’est-ce que vous foutez là si vous écrivez des romans ? ça rapporte pas, alors vous avez déniché un job de pion pour arrondir les fins de mois ?
Rémi Brossard. Je suis en résidence d’écriture.
Maximilien. En résidence. C’est pas une résidence ici, c’est un collège, tu peux pas habiter ailleurs ?
Rémi Brossard. Une résidence d’écriture, c’est un lieu et un temps pour écrire.
Maximilien. Tu es là pour écrire ?
Rémi Brossard. C’est ça.
Maximilien. Pourquoi tu pionçais ?
Rémi Brossard. Je réfléchissais.
Maximilien. Tu pionçais comme une merde.
Rémi Brossard. Je rêvais. Les rêves sont une source d’écriture essentielle.

Days of nothing de Fabrice Melquiot sera créé pour la première fois en France par la Cie du Veilleur (L’Arche Editeur, 2012).

Rémi Brossard, un auteur en résidence d’écriture dans un collège de banlieue parisienne, rencontre deux spécimens de l’établissement : Maximilien et Alix.

Ces adolescents vont bouleverser son projet d’écriture. Leurs échanges renvoient chacun d’entre eux à ses propres limites : difficulté à vivre dans le monde, à y trouver sa place, à faire acte. Dans la première partie de la pièce, nous décou- vrons comment Maximilien perturbe l’auteur dans son processus d’écriture avant de se donner la mort. Dans la seconde, Alix entraîne Rémi dans son délire, l’incitant à écrire le roman de sa prétendue histoire d’amour avec Maximilien.

Avec humour et cruauté, Fabrice Melquiot nous invite à réfléchir sur la portée de l’éducation artistique et culturelle.

Cet auteur majeur de la scène européenne ausculte les rouages d’un établissement scolaire au bord de la dérive. Il interroge l’adolescence, le suicide et la mythomanie sous le prisme de l’acte d’écriture.

Si dans la pièce la forme dialoguée est prépondérante, elle oscille avec des passages au discours indirect, qui nous révèlent les pensées intérieures de l’écrivain, Rémi Brossard.
Toute la dramaturgie s’organise autour de la figure de l’auteur. Nous suivrons le parcours de cet adulte qui puise dans la rencontre avec ces deux adolescents la source d’inspiration potentielle de son œuvre à venir.

Pour rendre compte du processus de l’acte d’écriture, nous développerons un système sonore qui placera le spectateur au cœur de cette œuvre en mouvement, suivant à la fois les pensées intérieures de l’auteur et les échanges musclés avec les jeunes.

Les acteurs évolueront dans un espace clos – dont les lignes rappelleront plus celles d’un ring de boxe que d’une salle de classe – à l’intérieur duquel les corps se frôlent, se touchent et se heurtent parfois. La captation d’images vidéo en temps réel, projetées sur une des faces de cet objet scénographique – techniquement autonome – témoignera de la rencontre entre l’auteur et l’adolescent.

La déflagration de sa brutale disparition laissera place au vide béant de la scène. Un vide, que la jeune fille tentera de combler par une affabulation purement théâtrale.

ÉQUIPE ARTISTIQUE
Mise en scène Matthieu Roy
Collaboration artistique à la mise en scène Johanna Silberstein
Scénographie Gaspard Pinta
Costumes Noémie Edel
Maquillages, coiffures, effets spéciaux Kuno Schlegelmilch
Lumières Manuel Desfeux
Espaces sonores Mathilde Billaud
Régie générale Léa Maris
Régie son Alban Guillemot
Régie lumières et vidéo Damien Pecourt
Assistante à la mise en scène Marion Lévêque