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À quoi sert l’histoire ? publié le 29/08/2020  - mis à jour le 03/09/2020

À quoi sert l’histoire ?

Au cas où mes collégiens se posent la question de l’utilité d’étudier l’histoire… L’histoire est l’étude des sociétés humaines du passé. Elle permet de mieux les connaître et de mieux les comprendre. Mais à quoi cela sert-il de connaître et de comprendre les sociétés humaines du passé ? Autrement dit, à quoi sert l’histoire ?

Tout d’abord, l’histoire sert à se faire plaisir. Certains d’entre nous sont des passionnés d’histoire, font des recherches historiques ou s’intéressent au passé tout simplement par goût comme des enquêteurs à la recherche de la vérité sur le passé, comme des conteurs de l’épopée humaine ou comme des spectateurs d’un film passionnant qui nous laisse songeurs…

Ensuite, l’histoire sert à trouver un métier. De nombreux métiers nécessitent une culture générale solide dont l’histoire est un élément central : Archéologue, historien et professeur d’histoire bien sûr mais aussi bibliothécaire, libraire, archiviste, écrivain, journaliste, les métiers du tourisme, les métiers du patrimoine et de la conservation, les métiers de l’administration, etc.

De plus, l’histoire sert à mieux connaître et à mieux comprendre le présent voire le futur par l’étude du passé. On peut y trouver des origines communes, des expériences communes, des relations de causes à effets, des processus de construction sur le temps court ou sur le temps long, des héros ou des anti-héros, des exemples ou des contre-exemples, des modèles à suivre ou des erreurs à ne pas renouveler aujourd’hui. Karl Marx soutenait à ce sujet en 1848 dans le Manifeste du parti communiste que « celui qui ne connaît pas l’histoire est condamné à la revivre ». Avant lui, Alphonse De Lamartine dans son poème L’Homme tiré de ses Méditations poétiques, mettait en garde en 1820 contre l’ignorance de ses origines en écrivant « Ignorant d’où je viens, incertain où je vais. »

En même temps, l’histoire sert à relativiser le présent par l’étude du passé. Elle permet de comprendre que les causes et les conséquences des évènements historiques sont liées à un contexte particulier et à une conjonction de circonstances. L’Histoire ne se répète pas forcément ou pas de la même façon. Chaque évènement doit donc être contextualisé pour être compris.

En outre, l’histoire sert à développer l’esprit critique, rationnel et scientifique. Par ses méthodes et par sa finalité, le travail de l’historien est rigoureusement scientifique par l’étude la plus objective et exhaustive possible de sources variées parfois contradictoires pour en croiser les informations et en retirer le plus fidèlement possible la réalité du passé. « Histoire » et « mémoire » sont donc différents car la mémoire est partielle, partiale, subjective et sert des intérêts présents tandis que l’histoire est globalisante, objective et cherche à établir la vérité du passé.

De surcroît, l’histoire sert à avoir une culture distincte. Depuis longtemps et encore aujourd’hui, la culture reste un élément de distinction sociale voire d’élitisme social, qui permet de briller en société ou de sombrer en société, en se distinguant des autres. Elle permet de se faire apprécier, de se faire écouter, de se faire respecter, de décrocher un métier, etc. ou tout l’inverse pour celui qui n’en a pas. Elle hiérarchise les Hommes entre eux en étant un élément distinctif de l’Humanité, à laquelle on oppose la barbarie, élément qu’on associerait davantage à l’animalité, à la sauvagerie, à la violence.

Mais aussi, l’histoire sert à avoir une culture commune. Depuis longtemps et encore aujourd’hui, la culture reste un élément d’intégration sociale, qui permet de communier avec un groupe de culture semblable ou proche, un groupe d’ami, de camarades d’écoles, de collègues, un village, une classe d’âge, etc. Elle permet encore une fois de de se faire apprécier, de se faire écouter, de se faire respecter, de décrocher un métier, etc. ou tout l’inverse pour celui qui n’en a pas.

Enfin, l’histoire sert à avoir une culture nationale, une culture commune à l’échelle d’une nation. Une nation est un peuple uni par une culture commune, une langue commune, une histoire commune construites dans le passé et entretenues dans le présent par le désir de vivre ensemble aujourd’hui. Une nation est le groupe humain le plus efficient pour avoir des échanges internes, des solidarités, une organisation commune, un État. Certes, cette « histoire » là est bien plus une « mémoire nationale » qu’une histoire globale objective mais elle est la clé de voûte de notre identité nationale. Si la culture nationale disparait, si l’identité culturelle de notre nation qui nous personnalise et qui nous distingue des autres nations disparaît par le délitement, l’effacement, l’éclatement de la culture, de la langue et de la mémoire nationale, c’est la nation qui disparaît. Dans son Discours sur le colonialisme , en 1950, Aimé Césaire disait ainsi « Un peuple sans mémoire est un peuple sans avenir. »

Pour conclure, l’histoire sert à connaître et à comprendre les sociétés humaines du passé pour se faire plaisir, pour trouver un métier, pour mieux connaître et mieux comprendre le présent, pour relativiser le présent, pour développer l’esprit critique et scientifique, et pour avoir une culture qu’elle soit distincte, commune ou nationale. Bref, elle sert, tout comme l’éducation en général, à faire de nous des Hommes heureux, gagnant leur vie, éclairés, pensants, rationnels, cultivés, civilisés. En effet, le philosophe humaniste Érasme en 1529 dans De l’éducation des enfants affirmait déjà : « On ne naît pas Homme mais on le devient. »

Anthony Reignier

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Auteur

 Jamonneau

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