la scarification

« Plutôt que de pleurer, je me faisais mal, et ça m’apaisait. Quand je me scarifie c’est une façon pour moi de soulager et contrôler ma souffrance. »
publié le 05/12/2016,
par  Me Beneteau

Entre puberté et besoin d’appartenance

L’impossibilité de dire sa souffrance est le plus souvent à l’origine de cette pratique. " L’ado est submergé par une angoisse impossible à nommer, il s’attaque à son corps parce qu’il a l’impression que ça l’apaise". La puberté, avec les bouleversements physiques qu’elle entraîne, le rend étranger à son corps qu’il cherche à se réapproprier avec la scarification. La douleur physique est plus supportable que la douleur psychique. Hélas, l’effet d’apaisement est de courte durée. "
Le besoin de s’auto-punir peut également y être associé, surtout chez les filles...
En cause également, le besoin d’appartenance. Au trouble identitaire que rencontre l’ado, la scarification offre la possibilité d’appartenir à un groupe. Cette conduite à risque s’affiche de plus en plus sur Internet et les adolescentes en souffrance y expriment leur mal-être.

La réponse des parents :

  • Trouvez un moment idéal pour initier une discussion, en bavardant d’abord autour de sujets futiles. Puis, confiez-lui que vous avez vu ses scarifications et que vous souhaiteriez en parler un peu. Dites que vous êtes inquiet pour lui et demandez-lui comment vous pouvez l’aider. Ouvrir le dialogue ne sera pas forcément simple, votre ado est en plein paradoxe. D’une part, il lance un message d’appel à l’aide, d’autre part, il est en processus d’autonomisation et il doit se séparer de vous.
  • Dans un deuxième temps, un psychologue peut l’aider à mettre des mots sur son mal être…

Face à ce type de conduite à risque, dédramatiser est important. Rappelez-vous que ce comportement est transitoire, cela ne durera pas. Le plus important est de prendre en compte son appel et de l’accompagner. L’adolescence reste un moment difficile, d’autant plus à une époque qui manque de repère.