Nouvelle fantastique

publié le 01/09/2010,
par  Alain Brossard

Les petits reporters vous présentent une nouvelle fantastique qu’ils ont adorée. C’est une élève de 4ième C qui, à nouveau, a remporté tous leurs suffrages...
Bonne lecture à tous !

En ce mois de juin, je me promenais au hasard des rues, sans but précis. C’était devenu une habitude depuis que j’avais appris que je risquais d’être expulsé de mon logement. En effet, je n’avais pas assez d’argent pour payer mon propriétaire !
Ce matin-là, ce fut sur le stand d’un monsieur avec de grandes moustaches que mon attention se porta. Il possédait un tableau qui représentait une tête d’homme avec, lui aussi, de grandes moustaches. Je m’approchai et lui en demandai le prix. Il me répondit que je pouvais l’emporter pour quelques sous... Je lui fis remarquer que le visage de l’homme du tableau lui ressemblait énormément ! Il s’esclaffa puis d’une main rugueuse attrapa les quelques sous que je lui tendis. Je partis d’un pas ferme avec le tableau sous le bras en me demandant, cependant, pourquoi il m’avait vendu ce tableau si peu cher...
Arrivé à mon appartement, je m’arrêtai dans l’entrée pour réfléchir quelques instants et portai mon regard sur mon triste logis !
Celui-ci se composait d’une seule pièce dans laquelle j’avais fait mon atelier. Les murs, grands et larges, étaient recouverts d’une multitude de tableaux et le sol d’un carrelage à carreaux verts et jaunes. A droite de la porte d’entrée, se dressaient un établi avec des pots de peinture, en face une immense fenêtre aux carreaux sales. Pourtant, à travers cette fenêtre on pouvait observer le paysage pluvieux de cette fin de matinée. A gauche, se posait une étagère renversée sur le côté, toute la paperasse qui s’y trouvait avant, gisait sur le sol.
Je fermai la porte et posai le tableau devant la fenêtre.
Avant d’aller me coucher, je passai un chiffon sec sur la toile pour la dépoussiérer un peu...

Malgré la fatigue, je ne pus m’endormir : je m’assis donc sur le bord de mon lit et contemplai le tableau. Il représentait le portrait d’un gentilhomme avec une chevelure noire, une moustache et une barbe blanches, entre lesquelles une mince bouche était dessinée, au centre, se trouvait un nez assez gros.
Je l’observai encore et encore... et je m’aperçus soudain que le tableau représentait également la silhouette d’une femme ! L’oeil de l’homme représentait sa tête, le nez, son corps ; sa moustache correspondait à ses bras et sa barbe à sa robe. Ce mystérieux tableau avait donc deux significations ?
Je ne sus pourquoi mais en voyant cela, j’eus peur. Malgré tout je réussis à m’endormir quand un bruit sourd se fit entendre !
Je sursautai et mon coeur se mit à battre à toute vitesse. Soudain, une lumière rouge jaillit du tableau et me fit retomber sur mon lit ! Cela dura quelques secondes. Une fois la lumière éteinte, je ne bougeai et ne respirai plus pendant un très court instant.
Comment cela était-il possible ? Est-ce que je rêvais ? Etais-je fou ?...
Et le reste de la nuit s’écoula comme si rien ne s’était passé. Je me recouchai mais j’étais extrêmement tendu et un sentiment de frayeur m’envahit jusqu’à l’aube !
Les rayons du soleil traversèrent la vitre et vinrent effleurer mon visage. Je me réveillai et regardai la pièce. Je ne pris pas le temps de boire, ni de manger. Il fallait que je retrouve "le marchand à la moustache" !
Je me rendis donc de nouveau au marché, espérant le trouver à la même place. Cependant, il n’y était pas : l’emplacement était vide....
C’est alors qu’un commerçant voisin m’apprit la nouvelle :

"M.Alphonce ? Il est décédé cette nuit !
- Mais comment est-ce possible ? Il allait bien hier quand je lui ai acheté son tableau !
- Je....je n’en sais pas plus, désolé !
- Savez-vous où il habitait ?
- Oui, à environ un kilomètre d’ici. Prenez la première à gauche et c’est la troisième maison sur la droite.
- Merci, merci beaucoup !"

Je pris donc la direction qu’il m’avait indiquée. En marchant, une douleur dans ma poitrine apparut mais je n’y prêtai pas attention.

Arrivé devant la porte de M.Alphonce, mon attention se porta sur les étranges traces dans le gravier de l’allée. J’avançai jusqu’à la porte et frappai. Une jeune femme ouvrit et me dévisagea des pieds à la tête. Sans rien dire, elle me fit signe de la suivre à l’intérieur et m’emmena jusqu’à la chambre où M.Alphonce était mort. Il était couché sur le lit et sur le sol se trouvait une marque rouge encore luisante !

Ce ne fut qu’à ce moment-là que la femme me demanda qui j’étais :

"Bonjour, je suis M.Férat. Je cherchais M.Alphonce sur le marché car hier matin, je lui ai acheté une toile et j’aurais voulu lui poser des questions à ce propos. Mais je vois qu’il est trop tard...
- Je peux peut-être vous aider. Je suis sa femme. Venez-vous asseoir un moment !" Lorsqu’on arriva dans l’immense salon, elle me tendit une tasse de café. "Quelle est votre question ?" Je lui racontai ce qu’il s’était passé la nuit dernière et quand je parlai de l’étrange lumière rouge, elle me coupa la parole et me dit : "Ah ! Vous n’allez sûrement pas me croire ! Mais cette nuit, quand mon mari est mort, une lumière rouge a jailli dans la chambre, venant de nulle part ! Ceci est une étrange coïncidence !
- Oui, c’est sûr ! Mais cela peut aussi n’être qu’une hallucination !
- Vous avez raison : notre imagination nous joue des tours ! Mais c’est quand même bizarre !...." me répondit-elle.

Je me levai pour partir et elle me dit que si j’avais besoin d’elle, elle était à ma disposition.

Elle me raccompagna et je partis, plongé dans mes pensées. Cette mort était très étrange : quelle en était donc la cause ? Je n’avais pour le moment aucune réponse !
J’arrivai à mon atelier et fus stupéfait en voyant que le tableau avait bougé de place ! En le prenant, je remarquai qu’il était plus lourd que la veille ! C’était décidément de plus en plus étrange. La nuit commençait à tomber quand je fus pris d’un coup de fatigue. J’allai donc me coucher....

Tout à coup, la même lumière jaillit à nouveau du portrait. Mais cette fois-ci, je ne m’en aperçus pas et je fus aspiré brusquement dans la toile ! Je me retrouvai dans une petite pièce rectangulaire où, à ma grande surprise, je vis M.Alphonce, assis sur le seul et unique fauteuil de la pièce. A ses côtés, se trouvait une charmante jeune femme. Je m’approchai et demandai :

"Mais .... mais.... comment ?
- Comment et pourquoi suis-je là ? Quiconque essaie de se débarrasser de ce tableau meurt ! C’est ce qu’il m’est arrivé ! Comme me l’a expliqué Melle Ophélie ! me répondit M.Alphonce en me présentant la jeune femme.
- Bonjour ! Je suis le peintre de ce tableau ! me dit-elle gentiment. Lorsque je l’ai vendu à M.Alphonce une partie de moi a été aspirée à l’intérieur et l’autre partie est morte. Manifestement, cela est arrivé aussi à M.Alphonce quand il vous l’a vendu !
- Mais.... ce n’est pas possible !"

A ce moment-là, je me réveillai. Je m’assis sur le bord de mon lit et tremblant de peur, j’observai la toile. Je réfléchissais quand soudain j’eus soif. Or, il m’était impossible de me lever, mes jambes ne répondaient plus ! Je restai ainsi, sans bouger, à me dire que j’avais probablement rêvé.

Et puis un détail me frappa : l’homme et la femme du tableau ressemblaient étrangement à M.Alphonce et à Melle Ophélie ! Pris de panique, je m’approchai et vis en bas à droite la lettre "O".

A cet instant, je reculai et tombai en arrière : je n’avais donc pas rêvé !

Trempé de sueur, je me remis sur le lit et m’endormis d’épuisement. J’eus à peine le temps de m’assoupir que le même fait inexplicable se reproduisit. Je me retrouvai à nouveau dans le tableau en compagnie des deux mêmes individus. Melle Ophélie s’avança et m’expliqua :

"Je n’ai pas beaucoup de temps pour vous expliquer. Vous avez deux solutions : vous détruisez le tableau et donc nous avec lui ou vous le gardez mais vous serez toujours hanté. Seulement, en le détruisant, vous risquez de vous tuer en même temps ! A vous de voir...."

Avant que je n’eus le temps de répondre, je me réveillai. J’étais angoissé, apeuré et mon souffle était coupé. Je décidai de retourner voir la femme de M.Alphonce quand je pourrais me lever.

De retour chez le défunt marchand, je n’eus pas le temps de frapper que sa femme m’ouvrit la porte. J’entrai et elle me servit une tasse de café comme la première fois. Je lui expliquai mes rêves bizarres et lui dis également que je ne croyais pas à cette malédiction : cela n’était qu’un cauchemar !
Je vis son visage pâlir quand je fis allusion de nouveau à son mari. Elle me prit le bras et me dit :

"Cher M.Férat, détruisez-le ! S’il vous plaît ! De toutes façons, pour vous, cela ne changera rien puisque vous croyez que ce ne sont que de mauvais rêves. Détruisez-le et l’âme de mon mari reposera enfin en paix ! Moi, voyez-vous, je crois aux choses surnaturelles. Je vous en conjure, mettez un terme à tout cela !"
Elle se mit à pleurer, désespérée. Alors, je me levai, la regardai dans les yeux et lui dis :

"Je vais le détruire !" et je partis.
De nouveau dans mon logement, je regardai la toile, pris les ciseaux qui étaient posés sur l’établi et les plantai au milieu du visage dessiné. Je répétai mon geste à plusieurs reprises. J’entendis alors le même bruit sourd que j’avais perçu la première nuit et la douleur que j’avais déjà ressentie me saisit à nouveau la poitrine !

Que m’arrivait-il ? Ce tableau était-il vraiment maléfique ? Je réussis à rédiger ce témoignage et à m’approcher du lit où je m’étendis péniblement, pour ne JAMAIS, je le savais, me réveiller !

Gaëlle OURTAAU

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