Vent de rébellion : la lettre satirique.

publié le 01/09/2010,
par  Alain Brossard

Karim à Habib, au milieu du Sahel,

Cher Habib, je suis arrivé il y a maintenant trois jours à Paris.

Paris... ville de lumières, de contrastes et d’aberrations. Depuis trois jours, je vois des pratiques totalement dépourvues de sens logique.

Les gens courent partout. Ils ne prennent pas le temps de vivre, de contempler, de sourire, de se parler. Ah si ! J’exagère ! Ils se parlent beaucoup, mais au travers de petites boites que l’on appelle ici "des téléphones portables". Plus de communication d’homme à homme, non, juste des mots échangés via "le réseau téléphonique". Ils parlent fort, dans n’importe quel endroit, de n’importe quoi. J’en ai même vu un qui, à grand renfort de gesticulations, expliquait à son correspondant la recette des crêpes suzette au beau milieu des Champs-Elysées. On aurait pu le prendre pour un émeu au milieu de la savane en train de rassembler son troupeau : beaucoup de bruits, de gestes et un zeste de ridicule.

Les Parisiens ont semble-t-il oublié ce qu’est la véritable communication, le véritable échange. Je ne vois que hargne, indifférence, tristesse dans leurs regards.

Mais il y a pire encore ! Au Sahel, nous manquons d’eau. Ici, l’eau est partout, en libre-service. Des fontaines dans chaque rue en déversent des milliers de litres par jour, des terrains de football que l’on arrose même par temps de pluie, des douches qui s’éternisent, des voitures propres que l’on nettoie...

Tout me paraît ici déraisonnable ! Nous pourrions sauver tant de gens chez nous avec le quart de ce qui est consommé inutilement ici. Dire que ma mère doit parcourir quatre kilomètres aller-retour par jour pour chercher l’eau au puits ! Je n’en reviens pas et suis indigné par tout ce gaspillage !

Et pourtant, figure-toi qu’hier, comme il faisait chaud et que j’avais soif, je me suis approché d’une échoppe et j’ai demandé un verre d’eau... que le patron m’a refusé ! Il fallait que je le paie ! Mais dans quel monde vit-on ?

Mais il y a pire encore ! Au Sahel, nous n’avons pas d’eau et très peu de nourriture mais lorsque quelqu’un arrive et demande l’hospitalité nous lui réservons toujours le meilleur morceau de viande. Ici, écoute bien !

Alors que je me promenais, hier soir, près d’un supermarché, j’ai remarqué une grande agitation derrière le hangar. Trois hommes étaient en train de sortir dans de grands sacs poubelle de la nourriture. Je me suis approché et leur ai demandé :

"Que comptez-vous faire de toutes ces marchandises ? Les donner aux miséreux ?"

L’un des deux hommes m’a regardé d’un air mauvais et m’a répliqué :

"Non, absolument pas, cette nourriture n’est plus commercialisable alors nous devons la détruire. Pour cela, nous versons de l’eau de javel dessus afin que les "miséreux", comme vous dites, ne puissent la prendre et ne se rendent malades en la mangeant".

Est-ce que tu peux le croire ? Le directeur du magasin ne peut plus vendre les denrées car leur date de péremption est très proche mais elles sont encore bonnes à la consommation et au lieu de les donner gracieusement à des associations ou de les distribuer le soir à des personnes dans le besoin, il préfère les inonder d’eau de javel afin que personne n’en profite ! A mon avis, il est moins dangereux de manger de la viande périmée d’un jour que d’ingurgiter cette solution chimique !

Cette société est folle, elle marche sur la tête ! Je suis plus que choqué, indigné, scandalisé. Ici, l’argent a plus d’importance que l’être humain. La vie de ses semblables est reléguée à la dernière place loin derrière le profit. Quel peuple ! Quelles moeurs ! Quels hommes !

Samuel SEGUIN (4ième D)


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