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Edmond Baudoin La musique du dessin Le passage d'une légende publié le 18/11/2008

Visite du grand artiste créateur de bandes dessinées : moments de grâce

Edmond Baudoin , "rien moins qu’une légende, l’un des artistes majeurs actuellement en activité". Tout est dit ? Non, pas tout à fait. L’humain, le sens de l’humain, cette dimension si rare, nous l’avons, là, sous nos yeux éberlués. L’homme, celui qui nous sourit, qui se raconte, qui nous éclaire, l’homme est là, comme si de rien n’était, à notre portée, tout simplement.
Il s’inquiète un peu... - Des sixièmes, vous avez dit ? - Oui, Les contes de Perrault. - Oh, je viens justement de réaliser la bande dessinée de Peau d’Âne, adaptée à ma façon, je peux leur en parler.
Alors, après l’évocation de l’enfance modeste, terrorisée par les bombardiers, "ces forteresses volantes", on aborde la robe couleur de temps, puis la robe couleur de soleil... Comment feriez-vous la couleur du temps ? Et celle du soleil ? Moi, voyez-vous, je prendrais juste cette brillance fugitive du soleil caressant une goutte d’eau. Les enfants sont sous le charme. Comment ne pas l’être ? Il est si doux, si généreux.
Il dessine...Et là, sur le tableau blanc, apparaît, au feutre noir, une scène du livre réalisé avec Tahar Ben Jelloun : L’enfant de la télévision ; le grand-père, l’enfant, l’arbre centenaire, le miracle se produit, il faut suspendre son souffle, ne jamais effacer ce tableau...

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Plus tard, dans l’auditorium, il retrouve les élèves de troisième et, l’après-midi, ceux de seconde et de première ; à partir de la projection d’ébauches commentées, il explique sa théorie de "la musique du dessin" basée sur "la symphonie humaine" : "Mais alors ça veut dire que les gens qu’on rencontre dans la rue nous font écouter avec leurs visages des musiques qui viennent de l’intérieur d’eux. Pour moi, la rue, c’est comme un grand opéra avec beaucoup de chanteurs et de musiciens. Et souvent, quand il fait bon, je m’assois à la terrasse d’un café, j’écoute avec les yeux cette symphonie humaine".

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"Je commence un visage, il m’envoie des messages, je dois répondre à ces messages, je dois rajouter des mots, des notes, de la vie"

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"La vie apparaît, le dialogue continue".

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"Les notes que font les traits, les points (...) desinent donc si on le veut, un visage. Quand il y en a beaucoup, ça fait celui d’une vieille dame ou d’un vieux monsieur. Je lis ce visage comme une partition"

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"Et si maintenant je change d’instrument ? Si au lieu d’un stylo qui fait des traits toujours de la même épaisseur, je prends un pinceau qui peut faire des pleins et des déliés, des gris, des noirs très noirs ? Un instrument qui va me permettre de nouvelles notes, un instrument si sensible que même les battements de mon coeur, à mon insu, rajoutent de la vie sur le papier"

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"Mais quand mes yeux vont vers un enfant, je me trouve comme devant une page blanche. Rien n’est inscrit dessus. Alors je "rêve" qu’il y aura plus tard sur cette "page", la plus belle musique du monde".

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Devant un enfant. Devant ces enfants. Ces jeunes gens. Il explique, inlassablement ; silhouette fragile et longiligne, Giacometti en ombre chinoise se dessinant sur l’écran ; c’est beau. Le sait-il ? Il est l’arbre dont il parle, celui qu’il voudrait devenir.

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arbre

Emotion. Elèves, professeurs.
Elisa est atone. Jessica ira chercher ses propres esquisses, où l’on reconnaît son regard, toujours renouvelé. Sa musique à elle.

Virginia Woolf dit, dans Le quatuor à cordes : "Comme elle est belle la bonté chez ceux qui parcourent le monde en souriant". Si, en plus, ils ont un pinceau et un flacon d’encre de Chine à la main, c’est un moment de grâce.
Merci Edmond. Nous ne serons plus tout à fait les mêmes après vous avoir rencontré. Et surtout, oui, continuez à faire "confiance à l’homme millénaire qui est en vous", la leçon de vie qui en découle est un voyage initiatique et mémorable.
C’est "couma acò" (comme ça).

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