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Conférence de Madame Maria José Selva, sur les Peuples indigènes du Venezuela / Conferencia de la señora María José Selva sobre los Pueblos indígenas de Venezuela publié le 19/11/2015

Le vendredi 13 novembre 2015, de 14h a 16h, le Colegio Francia avait l’honneur de recevoir Madame Maria José Selva, grand-mère de l’une nos Ambassadrices en herbe de CM2.

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Apres des études d’anthropologie et une licence en Histoire des Religions à l’Université de Genève (CH), Maria José Selva a rédigé une thèse sur les rites et mythes des sociétés andines préhispaniques (incas) et contemporaines (quechuas et aymaras) du Pérou. A Genève, elle a travaillé au Musée d’Ethnographie et avec le DOCIP (Centre de Documentation, de Recherche et d’Information des Peuples Autochtones), réalisant dans le cadre de cette association, l’accompagnement des représentations indigènes présentes dans cette ville afin d’élaborer la Déclaration des Nations Unies pour les Droits des Peuples Autochtones.
Cette activité l’a conduit au Venezuela pour travailler avec les organisations indigènes en tant que conseillère. A ce titre, Maria José Selva a participé à la formulation des droits constitutionnels des peuples indigènes vénézuéliens ; elle a édité un manuel intitulé "Los Pueblos Indígenas en la Constitución de la República Bolivariana de Venezuela", destiné à la formation des autochtones. En plus elle a collaboré avec des maires indigènes de l’Amazonas et du Delta Amacuro (élaboration, exécution et supervision de projets). Ces activités et démarches relèvent d’un profond engagement pour la reconnaissance et valorisation de la diversité des cultures du monde, avec en toile de fonds le respect mutuel, la réciprocité et la tolérance.
Maria José Selva a commencé sa conférence par un éclaircissement des termes. Le terme officiel prescrit par l’UNESCO est « Peuples indigènes », et non « Communautés indigènes » qui concernent les villages indigènes. On peut aussi utiliser le terme « Peuples autochtones » ou « natifs ».
La définition de l’ONU des « Peuples Indigènes » prend en compte 4 aspects :
  La continuité historique avec les sociétés précédant la conquête
  Ils se considèrent distincts des autres membres de la société
  Ils ne veulent pas être assimilés à la société dominante
  Ils ont des connaissances traditionnelles
Au Venezuela, vivent 51 peuples indigènes. On comptait au recensement de 2011, 724 592 indigènes, soit 2.5% de la population du pays. Les plus nombreux sont les Wayuu (413 437), les Waraos (48 771), les Kariña (33 824), les Pemon (30 148)…. A l’autre extrême, les Sapé sont au nombre de 9.

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La photo ci-dessus montre des Kariña vêtus pour danser le mare mare. Cette manifestation culturelle ancestrale se compose de chants en langue kariña, de danses et de musique interprétée autrefois avec des instruments préhispaniques comme les maracas, le tambourin, les flutes auxquels s’ajoutèrent postérieurement des instruments à cordes comme le cuatro, la guitare et la mandoline.
Selon la cosmovision kariña, les premiers danseurs ont crée la terre et les hommes grâce au pouvoir de la danse ; danser le mare mare garantit la continuité de leur peuple.
Le mare mare est l’élément fondamental de l’identité Kariña et est de toutes les fêtes et cérémonies.
Chaque peuple indigène a sa propre langue, essentiellement orale, bien que certains linguistes aient essayé une retranscription à l’écrit. Les Wayuu s’appellent de cette manière (autodénomination), mais bien souvent on les appelle Guajiros. La plupart des peuples indigènes encore présents vivent sur les frontières car ils étaient le plus éloignés du processus de colonisation.
Au fil de son exposé, des photos qu’elle nous a présentées et des questions d’élèves, Maria José Selva nous a parlé de leurs coutumes. Chez les Kariña, la base de l’alimentation est constituée de yucca et de casabe. Chez les Wayuu, on a affaire à une société matrilinéaire (seule l’ascendance maternelle est prise en compte pour la transmission du nom, des privilèges, de l’appartenance à un clan) mais pas matriarcale ; c’est une société exogamique : on se marie à l’extérieur du clan. La moitié des Wayuu vivent dans la ville de Maracaibo. Les Tascabaña ont été affectés par la pollution de l’industrie pétrolière. Dans tous les peuples, on retrouve un Cacique ou dirigeant, élu ou désigné par la population.

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Organisée par M. Hermet, coordonnateur de l’APP Ambassadeurs en herbe, cette conférence s’est déroulée à la salle polyvalente, en français, devant les élèves de CM2, Collège et Seconde participant à l’opération. Tous nos remerciements à Mme Maria José Selva pour avoir bien voulu partager ses connaissances avec les élèves du Colegio Francia et enrichir leurs connaissances sur ce sujet, les préparant ainsi à la finale du mois de janvier 2015.